Les portraits

Projet New CITYzens

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

L’idée du projet nous est venue à l’automne 2010. Face à la morosité ambiante et les projections peu optimistes des médias et des politiques concernant l’avenir, nous avons créé le projet New CITYzens pour transmettre un autre message aux jeunes générations, plus positif et surtout qui leur redonne un rôle clé comme acteurs de changement.

Convaincus que les rencontres de personnalités inspirantes et d’initiatives positives peuvent avoir de vrais impacts en termes de motivation et d’engagement, nous avons donc décidé de partir à la rencontre de citoyens passionnés qui considèrent l’adversité comme une opportunité pour monter des projets, et font face aux difficultés avec optimisme, pragmatisme et ingéniosité !

Pour parler au mieux à la jeunesse, nous avons également choisi de parler d’un environnement qu’ils connaissent bien, la ville, et d’utiliser un support qu’ils affectionnent tout particulièrement, la vidéo.

C’est ainsi que nous avons lancé cette série de reportages sur ces citadins-citoyens (les « New CITYzens ») qui ont décidé d’apporter des solutions concrètes face aux enjeux de leur ville ou de leur quartier (logement, transport, éducation, espaces verts, handicap…). L’objectif : utiliser ces reportages comme des inspirations pour créer le déclic citoyen et l’envie d’entreprendre !

Portrait d'Ousman Samba

« Dans la vie tout est difficile, que ce soit un travail ou sur le terrain. Il ne faut jamais lâcher. C’est l’unique chose qui fait avancer ».

Ousman Samba ne lâche rien

Voir l'image en grandFootballeur amateur mais en passe de (re-)devenir professionnel, Ousman Samba a été sélectionné dans l’équipe de Mauritanie pour un match amical le 12 octobre contre la sélection A’ du Maroc. L’attaquant droit de l’équipe de CFA d’Aubervilliers, a d’ores et déjà accompli un rêve que beaucoup des camarades nourrissaient en bas sur le terrain Pasteur.

Portrait d’un footballeur volontaire qui mesure la valeur du travail. 

Né en 1988, Ousman n’a pas tout à fait 10 ans lorsque la France remporte la mythique coupe du monde 1998. L’évènement a drainé des foules sur les Champs Elysées pour acclamer les champions, et guider le jeune garçon sur le terrain de foot en bas de chez lui. Avec ses camarades et voisins, ils rejouent les fameux matchs. «  La coupe du monde nous a donné envie de jouer au foot. Voir la France gagner, y compris  contre la grande équipe du Brésil de l’époque. C’était des matchs de très haut niveau, qui donnaient envie de jouer et de s’investir ».  La passion le prend cet été là et ne le quitte plus. Il fait ses armes durant deux ans dans ce club de quartier (l’AS Pasteur), puis rejoint le club historique clichois, l’USAC. Le club de Levallois le repère lors d’essais qu’il va passer là-bas. Une opportunité car la ville voisine joue dans des divisions supérieures. « J’y ai fait toute ma formation, de 13 à 20 ans. J’enchaînais l’école et le foot.  Après c’est une habitude. Il faut adapter son emploi du temps au foot ». A raison de trois à quatre entraînements par semaine, et des matchs le week-end, Ousman se dédie à sa passion. Le travail paye. « Je progressais d’année en année, on me le disait. Et pourtant, lorsque j’étais plus jeune je n’étais pas le plus fort de ma génération. J’ai travaillé, travaillé, travaillé. Même lorsque je n’avais rien à faire le week end, dès que je me réveillais, j’allais au stade. C’était le foot 24h sur 24h ! »  

Puis un agent le repère pour jouer en Slovaquie où ils cherchent un latéral droit. Trois semaines pour faire des essais, qui s’avèreront concluants. Ousman signe son premier contrat professionnel d’un an. Une consécration. « J’ai pensé que tout le travail, que j’avais fourni, portait ses fruits. Mais rien n’est gagné pour autant. Dans le foot, il faut toujours « prouver » ». 

Changer de pays, de langue, l’adaptation prend quelques temps. Ils ne sont que deux français, entourés de joueurs slovaques et tchèques et de quelques africains. Ousman communique en Anglais, puis suit des cours de slovaque. Mais pour des raisons personnelles, il abandonne et rentre en France. Il reprend sa carrière au club de Blanc Mesnil, mais avec un contrat amateur, avant que le club d’Aubervilliers ne vienne le chercher. Il y joue depuis deux ans : « Je m’y sens bien, l’ambiance est bonne et le groupe également. Au début, je ne jouais pas autant que je voulais, mais je n’ai pas lâché et j’ai travaillé. Le coach m’a donné ma chance et je l’ai saisie. Depuis je joue titulaire et j’ai réalisé de bonnes performances ». C’est à ce moment-là, que le sélectionneur de Mauritanie l’a repéré. Une première expérience, un peu difficile « parce qu’on a perdu.  Au début, j’étais un peu timide ou impressionné. Puis je suis rentré dans le match, en deuxième mi-temps j’étais meilleur. ». 

Ousman savoure encore la joie de jouer pour sa patrie, son pays, sa famille. « Mes parents étaient très contents et comme le match était retransmis à la télévision, toute ma famille en France et en Mauritanie l’a vu ».   D’autant qu’en Mauritanie la passion pour le foot est particulière, l’engouement est très grand. 133e nation mondiale éliminée de la prochaine coupe africaine des nations, la Mauritanie est néanmoins une sélection en pleine construction. Le joueur mesure l’opportunité qui s’offre à lui. D’autant qu’en 2017, une nouvelle CAN se prépare, puis les jeux Olympiques, la Coupe du monde…. Mais si l’évocation de ces évènements le fait rêver, Ousman garde les pieds sur terre.  « Si je ne suis pas sélectionné, je continuerais à travailler, je ne vais pas lâcher ». Ambitieux et volontaire, il place le travail au cœur de la réussite.  « Je savais que mes points forts étaient la percussion, la rapidité et la puissance. En entraînement, j’ai insisté là-dessus. »  Hors du terrain,  il salue le soutien de son grand-frère. « Il m’a toujours encouragé à ne pas lâcher même lorsque c’était dur et que j’avais envie d’arrêter ». 

Epanoui dans l’équipe d’Aubervilliers, il a gagné la confiance de son coach et sa titularisation. Un contexte idéal pour continuer à progresser. L’envie est là, le travail ne le quitte pas… Il ne lui reste plus qu’à saisir la chance au tournant. 

Portraits de jeunes Clichois qui ont trouvé un emploi

Trouver du travail ressemble parfois à un chemin de croix...  Nous avons rencontré plusieurs jeunes Clichois, pour vous faire découvrir autant de parcours que de façons possibles de décrocher un boulot ou une formation. Cette semaine, Clara, 22 ans, assistante administrative et commerciale chez TTK, entreprise clichoise de systèmes numériques.

Hicham – 23 ans

« J’ai été réorienté en BEP électronique après ma seconde. Je l’ai eu haut la main et ai continué à Nanterre en bac pro. Mais je n’étais pas passionné. J’ai mal vécu mon arrivée dans un nouvel établissement, je ne savais pas trop quoi faire. Je ne vais pas jusqu’au bout et sors du système scolaire avec juste un BEP en poche. De nos jours, un BEP, ça ne vaut pas grand-chose. Il faut quand même que je me bouge parce que mes parents ne gagnent pas bien leur vie. Du coup, je fais des inventaires ; je travaille dans la restauration, dans une entreprise de nettoyage du linge... Je commence une formation dans la vente mais je me rends compte que cela ne me plaît pas. A un moment, j’ai été téléopérateur chez Taxi G7 pendant 6 mois. C’était un super boulot, mais en CDD. Sauf que je touche les ASSEDIC et j’avoue que dans les mois qui ont suivi, je me suis un peu laissé couler... C’est grâce à la Mission locale que je me remets à flot. Je rencontre plusieurs difficultés, du fait que ma formation et mes diplômes ne sont pas suffisants, et surtout, je ne sais pas me vendre en entretien. Grâce aux formations de la Mission locale, j’ai appris ce que les recruteurs attendaient d’un entretien, je suis devenu moins réservé. J’ai appris à me vendre ! C’est mon conseiller qui m’a orienté vers un emploi d’avenir. Je vais pouvoir compléter ma formation tout en travaillant, apprendre des choses... Je commence en septembre comme opérateur logistique ferroviaire à la Sncf. Mettre un pied dans cette entreprise, c’est aussi l’espoir d’avoir des opportunités d’évolution ! Discuter, envisager les possibilités, en parler à d’autres personnes permet d’ouvrir des pistes et pourquoi pas, comme moi, à 23 ans, trouver sa voie...»

 

 

Etre jeune Clichois sur scène

Participer à une pièce de théâtre à 17 ans, c’est le rêve réalisé par Clémentine Billy et celui de15 jeunes de Clichy, mais aussi de St-Ouen et du 17e arrondissement. Le 8 juin, ils présenteront « 2013 comme possible » au théâtre du Rutebeuf où ils joueront leur propre rôle. Découvrez le portrait de Clémentine ici !

« Nous avons participé, les samedis et vacances scolaires (depuis novembre 2012, ndlr), à des ateliers où nous devions nous exprimer sur des sujets aussi variés que l’amour, nos peurs, la mort, nos rêves, nos angoisses, bref, sur tout ce que nous vivons. C’est tout ça que l’on retrouve sur scène. La façon dont on vit dans notre quartier aussi. C’était un exercice assez difficile... Ce n’est pas évident de parler de choses intimes comme ça, devant tout le monde... Mais c’est super instructif. C’est un peu une thérapie en fait ! » raconte Clémentine. Si elle pratique le théâtre depuis plusieurs années, la sélection de ces jeunes s’est faite sur des critères de motivation et non d’aptitude. L’intérêt étant de monter un groupe « au taquet ». « On a tous entre 15 et 21 ans, et nous ne nous connaissions pas. On a franchi pas le pas sans savoir quelle forme ça allait prendre. Quand on nous a demandé de parler des changements de notre corps d’ado, j’avoue qu’on a eu un peu de mal. Et puis petit à petit, la parole s’est libérée. On a aussi appris à se connaître. Et ce n’est pas du tout intrusif, ce qu’on dit, on le donne, c’est un cadeau, je pense que ça peut aussi aider certains à se reconnaître ou à des parents de mieux comprendre certaines choses... »

2013 comme possible, le 8 juin à 20h au Rutebeuf.

 

 

 

 

Le pari réussi de Smail and co

Faire découvrir les plaisirs de la glisse à des jeunes n’étant jamais partis au sport d’hiver, c’est le pari réussi de Smail et son association « Union Solidaire des Jeunes ». « Le centre Social Mozart, où je viens régulièrement depuis plusieurs années, m’a conseillé de créer une association pour pouvoir trouver des financements pour mon projet de départ aux sports d’hiver », explique Smail, 19 ans. « La Ville nous a proposé de nous financer une partie du voyage en échange de travaux de peinture pour embellir la salle du centre social, pendant la première semaine des vacances scolaires. Avec les autres aides que nous avons obtenues, on peut partir au ski pour pas très cher. Sans cela, c’était impossible de partir ! ». Cette initiative leur a donné des idées. « Comme nous avons le statut d’association, on pourra organiser des choses à l’avenir pour le centre », sourit Amine, 17 ans. « On pense à des tournois de foot, des petits concerts, des barbecues... Ça permettra aux gens du quartier ou même d’ailleurs de se rencontrer et partager. On est super motivé ! »

En attendant, les neufs jeunes de l’association auront le plaisir de vous convier le 23 mars au Centre Social Mozart pour inaugurer la nouvelle salle et vous faire partager leur expérience à Val Thorenz au travers d’une exposition photo.