Hommage à Jean Jaurès

Clichy rend hommage à Jean Jaurès, homme politique engagé en faveur des ouvriers, et fondateur du journal l’Humanité. Il y a 100 ans, son engagement pour la paix, à l’aube de la Première Guerre mondiale, lui coûta la vie.
Pacifiste convaincu et persuadé que la diplomatie représentait la solution pour régler le conflit avec l’Allemagne, Jaurès sera abattu le 31 Juillet 1914.

Jeudi 31 Juillet 2014, Clichy rend hommage à Jean Jaurès

Le soir du 31 juillet 1914, tandis qu’il dînait dans un café rue Montmartre à Paris, Raoul Villain, étudiant extrémiste, lui tire deux coups de feu à bout portant. Le souvenir de ce grand homme de gauche est entretenu par les nombreux lieux qui portent son nom partout en France, comme à Clichy avec le boulevard et le groupe scolaire Jean Jaurès. Sa dépouille repose depuis 1924 au Panthéon. Aujourd’hui encore ses paroles profondément humanistes résonnent avec force.

Jeudi 31 Juillet 2014, Clichy célèbre la mémoire de Jean Jaurès, à l’occasion du centenaire de sa disparitionà l'Hotel de ville :
- 19h : hommage à Jean Jaurès Parvis de l’Hôtel de Ville Exposition de la Fondation Jean Jaurès retraçant le parcours de cet homme illustre. Lecture de poèmes.
- 20h : projection d’un documentaire de l’INA dans les Salons de l’Hôtel de Ville
Ce film retrace la vie de Jean Jaurès. Les différents témoignages sont illustrés par des films d’époque, des dessins, des caricatures et des photographies et des coupures de presse.
À l’issue de la projection, un débat sera animé par un conférencier spécialiste de Jean Jaurès.

Une table de lecture sur le centenaire de la mort de Jean Jaurès est à votre disposition à la médiathèque.

Jean Jaurès et son boulevard à Clichy

Homme politique français, Jean Jaurès (1859-1914) orateur et parlementaire socialiste de renom, s'est notamment illustré comme pacifique lors du déclenchement de la Première guerre mondiale. Clichy, comme de nombreuses autres villes en France, a donné son nom à son boulevard principal.

Voici la dernière journée de Jaurès dit le pacifique. Vendredi 31 juillet 1914, il tente, d'abord à la Chambre des députés, puis au ministère des Affaires étrangères, de stopper le déclenchement des hostilités. En fin d'après-midi, il se rend au journal L'Humanité pour rédiger un article, qu'il imagine comme un nouveau J'accuse. En prévision de la nuit blanche qui s'annonce, il descend avec ses assistants pour dîner au Café du Croissant, rue Montmartre. Vers 21 h 40, un étudiant nationaliste déséquilibré tire deux coups de feu par la fenêtre ouverte du café et abat Jaurès à bout portant.

Depuis, dans ce  café, une mosaïque et une plaque commémorative rappellent l’emplacement où il est décédé. Et dans les grandes villes, son nom se retrouve sur les plaques de rue.

La création de la voie à Clichy

Côté Paris, en 1823 Monsieur Dumas-Descombes, propriétaire, promet d’ouvrir une chaussée sur ses terres à condition que la municipalité de l'époque construise des trottoirs. Cette nouvelle voie prend le nom de Dumas. Aujourd’hui, son tracé est bien distinct par rapport à l'ensemble du boulevard.

Côté Seine, elle est mentionnée en 1808 comme étant la «  rue de l'Isle ». Elle longeait les douves du côté droit du château de Clichy et faisait face à l'île des Ravageurs. En 1845, lors de la construction du lotissement sur les anciens terrains boisés de la Seigneurie de Clichy, dont les terres ont été vendues par Maître Adam avoué à la municipalité dont le maire est alors Anatole Fouquet, on créé la place de la Commune et ouvre des rues autour. Elle prend le nom des Batignolles en souvenir de l'ancien territoire qui a été démis de Clichy, pour créer en 1830, la nouvelle commune de Batignolles-Monceaux.

Jules Depoix, agent-voyer de la commune de Clichy, ouvre ensuite une voie entre la place de la Commune et la rue Dumas. Elle prend le nom de boulevard de Paris en 1862. Cette « départementale » prend un nouveau nom au moment de son élargissement par rapport à l'avenue de Clichy, à Paris 17ème. Ses 20 mètres de large iront jusqu'à la Seine où débutera l'établissement du Pont de Clichy. L’ouvrage d’art sera inauguré le 9 juillet 1864, en tant que boulevard Saint-Vincent-de-Paul.

Le maire, Jean Louis Emile Villeneuve (1876-1882), républicain jusqu’au bouts des ongles, transforme les noms saints en laïcs, comme la rue Saintt-Pierre en rue Pierre, ou bien la rue du Roi Dagobert en rue Dagobert. Ainsi, le boulevard devient « National », le 18 février 1879. Il y aura aussi les rues de l'Avenir, de l'Union, du Progrès et de la Providence.

Depuis le 19e siècle, Clichy-la-Garenne est une commune de gauche. Aux élections municipales de 1888 apparaissent les premiers partis politiques, la liste du Parti des travailleurs socialistes de France et la liste Républicaine radicale opposante.

Tous les maires ont été de gauche, même au moment de la mort de Jaurès le vendredi 31 juillet 1914. Le mardi 4 août une foule immense accompagne sa dépouille. Un discours est prononcé lors de ses obsèques par Léon Jouhaux (1879-1954), secrétaire général de la CGT.

Le dimanche 23 novembre 1924, ses cendres entrent au Panthéon lors d'une cérémonie grandiose à laquelle participent tous les mouvements politiques de gauche, excepté le Parti communiste français (PCF), exclu de la célébration officielle. En réponse, le PCF organise sa propre manifestation et proteste contre la « récupération » de Jaurès.

« Jean-Jaurès, Jean-Jaurès ! »

À Clichy, la liste communiste remporte les élections municipales de 1925. Le 17 mai, s’installe le nouveau conseil avec : Charles Auffray, maire et Pierre Heurtaux 1er adjoint, Maurice Nail 2ème adjoint, Paul Garreau 3ème adjoint, Gustave Capel 4ème adjoint, Rodolphe Barbedienne 5ème adjoint. Dès le 22 mai, la nouvelle municipalité délibère au sujet de la nouvelle dénomination concernant le boulevard. L’inauguration officielle aura lieu plus tard le mardi le 4 août 1925.

Si le 4 août, est une nuit mémorable pour la France, depuis la Révolution de 1789, pour Clichy, ce sera ce jour de 1925 ! À l’Hôtel de Ville le buste de Jean Jaurès, dans le hall, près de l’escalier d’honneur, détrône celui de Marianne de son piédestal. Si le drapeau « bleu-blanc-rouge » pavoise au balcon de la salle des mariages, tout le boulevard est couvert de drapeaux rouges agrémentés de la faucille et du marteau.

Le défilé débute à la Porte de Clichy. On hurle « Jean-Jaurès, Jean-Jaurès ! »… Tous les bus, venant de Paris, poursuivent leur chemin… Ceux du Pont de Clichy s’infiltrent doucement, car l’accès du boulevard se fait dans les deux sens. La cacophonie règne dans la ville ! À son arrivée devant l’Hôtel de Ville, la foule fredonne La Marseillaise, ensuite les ouvriers chantent L’Internationale, face aux usagers sortant des bus. On crie encore « Jean-Jaurès, Jean-Jaurès ! »

Actuellement, le buste de Jean-Jaurès trône toujours dans le salon d’honneur, il a été réalisé par le sculpteur H. Audouin, et peint en vert pour marquer l’espérance dans « la République une et indivisible ».