Le portrait de Lindsay Randal

Le portrait de Lindsay Randal

Portrait - Publié le 24 octobre 2018
Présidente de Lun’Endo, Lindsay Randal a longtemps caché sa maladie, jusqu’à ce que son endométriose soit identifiée. Errance médicale, solitude, combat contre la douleur ont motivé cette Clichoise à créer son association pour que chaque femme trouve écoute et soutien.

L’endométriose, on commence seulement à en parler. Mais Lindsay Randal connaît cette maladie depuis trop longtemps. Comme beaucoup de femmes – elles seraient jusqu'à 4 millions en France - à qui l’on a répété depuis l’adolescence qu’il était normal d’avoir mal pendant ses règles. Que cela ne devait pas l'empêcher de vivre. Sauf que. « Non, il n’est pas normal d’avoir mal », souligne la jeune femme, sourire vissé aux lèvres mais déterminée à faire à ce que l’endométriose soit mieux détectée, reconnue et accompagnée.

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai eu mal. Mal à en crier, mal à m’évanouir ». Pas facile de parler de cette douleur de l’intime, invisible, mais encore reléguée aux maux féminins. « Mon employeur actuel s’est montré très compréhensif. Cela n’a pas toujours été le cas. Je travaille à mi-temps contraint, car il m’est impossible de faire des semaines complètes, malgré les traitements. » Ce handicap, si elle vit avec depuis longtemps, elle ne l’a identifié qu’au détour d’une échographie, en 2004. « J’ai fait une énorme crise. C’est grâce à un chirurgien de ma connaissance que les examens ont révélé cette maladie difficile à détecter. »

Un soulagement, mais aussi le début d’un combat qui n’est toujours pas terminé. « La douleur est régulière. La fatigue est chronique. Mais chaque endométriose est différente, suivant chaque femme. La douleur est difficile à évaluer. Et puis on évoque beaucoup l’infertilité, mais celle-ci ne touche "que" 20 à 25 % des malades ». Outre la volonté de faire connaître ce mal, c’est l’isolement qui a poussé cette Clichoise à créer son association. « Pendant plusieurs années je me suis renfermée sur moi-même. Je n’arrivais pas à avoir des activités régulières, j’ai même dû quitter mon travail dans les ressources humaines ». La jeune femme, qui était très sportive, a tout arrêté. « J’avais parfois l’impression que certains médecins pensaient que j’exagérais, que c’était dans ma tête. »

Désormais, Lindsay souhaite permettre aux autres femmes d’être mieux suivies, mieux écoutées. « Notre but est d’expliquer, informer, sensibiliser. J’ai aussi la chance d’avoir à mes côtés mon conjoint, qui me supporte beaucoup et qui fait partie intégrante de mon combat. Avec le temps on apprend à gérer la douleur, à la masquer aux yeux des autres. Mais il ne faut pas rester seule. C’est aussi un message à l’entourage des femmes touchées par l’endométriose : leur rôle est essentiel pour que la vie soit plus facile malgré les traitements et les difficultés du quotidien. »

Lun’Endo : lundendo@outlook.fr - Tél. : 06 51 11 55 45 Créée en février dernier, Lun’endo s’associe à EndoRun pour l’organisation de la première course dédiée

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