Au bon accueil de Lucette et François

Au bon accueil de Lucette et François

Portrait - Publié le 20 juillet 2019
au bon accueil
Lucette Bessière, 75 ans, a tenu pendant 50 ans la brasserie « Au bon accueil » avec son mari François. À l’angle des rues Madame de Sanzillon et Boisseau, elle nous livre son histoire.

Voir l'image en grand 37, rue Madame de Sanzillon, actuellement "Les Fricoteurs"En 1968, Lucette et François arrivent à Clichy. Lui était garçon de café. Ils choisissent alors de travailler à deux. Ils font une affaire en achetant leur petit bistro : Au bon accueil. Lucette s’installe derrière les fourneaux : « nous sommes originaires de l’Aveyron, je cuisinais des plats de chez nous : cailles au foie gras, chou farci, aligot, confit de canard… Et ma fameuse tarte tatin à la crème fraîche, on m’appelait le matin pour réserver des parts ! ». Une cuisine familiale et traditionnelle qui attire les ouvriers. Dans les années 1970, le quartier était quadrillé par les usines. Près de la porte Pouchet, Lucette se souvient des champs et des lapins de garenne qui y fringuaient encore. « J’arrivais
de ma campagne, j’ai dû m’habituer aux pilons de l’usine, ils faisaient trembler le sol, chaque matin je devais remettre la vaisselle en place », se rappelle Lucette.

UNE VIE À CENT À L’HEURE

Jusqu’en 1985, Lucette et François travaillaient de 5h à 1h du matin. « Ce sont nos années les plus rudes, il y avait sans arrêt du monde, les ouvriers passaient beaucoup de temps au bistro », s’amuse Lucette. « Ils profitaient de nos trois flippers et du baby-foot. Dès 17h30, c’était la fête, on s’amusait avec eux, c'était la belle époque… ». Dans le juke-box, ou la boite comme l’appelle Lucette, elle entend encore « la Mamma » et « le sirop thyphon » qui passaient en boucle. Surnommé « l’Auvergnat », le restaurant devient une référence. Après les usines, les bureaux se sont installés dans le quartier. « Moi j’étais contente ! L’ambiance a changé mais j’ai toujours aimé les cols blancs comme je les appelle. Ces hommes en costumes étaient respectueux et aimables, les ouvriers étaient plus durs », plaisante-t-elle. Lucette a vendu cette année son restaurant, il s’appelle désormais les Fricoteurs et sert toujours des plats traditionnels. Elle aimerait écrire un livre pour raconter ses innombrables anecdotes, mais surtout pour rendre hommage à François, décédé en 2002. « C’était une figure clichoise, il a rendu beaucoup de services. C’était un homme bon, tout le monde vous le dira », conclut Lucette.

Voir l'image en grand Lucette et François en 1980