Le petit secret de l'école Louis Pasteur : un abri, vestige de la Seconde Guerre mondiale

Le petit secret de l'école Louis Pasteur : un abri, vestige de la Seconde Guerre mondiale

Histoire - Publié le 6 septembre 2019
 Ecole Louis Pasteur maternelle Clichy
L'école est l'un des pivots de notre République. Mais, au delà d'un lieu de transmission de savoirs, de valeurs et d'apprentissage du bien vivre ensemble, une école est aussi au sens plus large une maison, parfois ancienne, avec son histoire et, bien souvent, ses secrets. Aujourd'hui : l'école Louis Pasteur.

On ne présente plus Louis Pasteur, dont les travaux scientifiques ont révolutionné la stéréochimie et la bactériologie. Malgré une attaque cérébrale en 1868 qui le rendra hémiplégique et lui occasionnera des séquelles à vie, il ne cessera jamais son combat contre les maladies infectieuses. Il enrayera la pébrine (maladie des vers à soie) ainsi que d'autres affections touchant les poules, les moutons, etc. En 1885, il découvre le vaccin antirabique. Il réalisa également des découvertes déterminantes sur les phénomènes de fermentations, et fut le précurseur de la technique aujourd'hui appelée "pasteurisation".

Impossible de dire si Louis Pasteur est passé par Clichy, on n'en a aucune trace. En revanche, ce que l'on sait, c'est que Clichy a été impactée par de graves épidémies au cours de son histoire. Par exemple, en 1849, le choléra fait rage à tel point que même le maire, Anatole Fouquet (a qui on doit, notamment la construction du pont d'Asnières), en décède. En 1920, c'est la peste qui touche les quartiers des chiffonniers, décimant des familles entières. Ces épidémies furent endiguées par des découvertes liées plus ou moins directement à des travaux de Louis Pasteur : par exemple, concernant la peste, son bacille fut découvert en 1894 par Alexandre Yersin, médecin de l'Institut Pasteur, qui mis également au point un serum anti-pesteux en 1896. Et, plus généralement, tous nos vaccins actuels sont dérivés du principe de la vaccination tel qu'énoncé par Pasteur en 1881 : inoculer "des virus affaiblis ayant le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la maladie mortelle".

Le petit secret


Sous la cour de l’école, côté Pasteur A, se trouve un discret vestige de la Seconde Guerre mondiale : une tranchée-abri, parfaitement conservée, qui fut construite par la municipalité pour abriter les enfants lors des raids aériens en temps de guerre. Ce type d’abri était rare. On y trouvait des bancs rabattables (dont ne subsistent aujourd’hui que les fixations incrustées dans les murs), des pelles et des pioches, des WC mobiles... À l’origine, l’accès se faisait via deux escaliers, donnant dans la cour de récréation, qui sont aujourd’hui condamnés. Pour l’anecdote, sachez que le 17 juin 1944 dans la soirée, un petit obus de DCA a pénétré dans la salle à manger de l’appartement de fonction de la directrice de Pasteur Filles : la famille venait de finir de dîner et était réunie dans la pièce. Heureusement, le projectile n’a pas éclaté et a pu être récupéré par la police. Seuls quelques dégâts matériels furent à déplorer : toiture traversée, trou dans le plafond, vitres et vaisselle brisées...

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