Rencontre avec Julie Demers, Québécoise venue enseigner à la maternelle Fratellini

Rencontre avec Julie Demers, Québécoise venue enseigner à la maternelle Fratellini

Education - Publié le 8 octobre 2019
Classe de la maternelle Fratellini Clichy
Julie Demers, 31 ans, nous arrive du Québec, au Canada. Depuis cette rentrée, elle enseigne à l’école maternelle Fratellini, dans le cadre d’un programme d’échange. Une belle expérience de vie personnelle et professionnelle.

Clichy actus : Comment une Québécoise vient-elle enseigner à Clichy ?

Julie Demers : J’habite à 40 minutes de Montréal et j’enseigne depuis neuf ans. J’ai profité d’un programme d’échange, Azimut, entre enseignants. Pendant un an, j’échange ma vie celle d’Ingrid, la professeure que je remplace. Elle est partie prendre en charge ma classe au Québec, elle a pris mon appartement et ma voiture. Moi j’arrive à Clichy, je gère sa classe, une grande section de maternelle, je suis dans son logement, je profite de son vélo ! J’ai déjà enseigné aux Bahamas et en Ontario où je faisais classe en anglais. La France, c’est une première.


C. a. : Quels sont les différences avec le système scolaire québécois ?

J.D. : Au Québec, les enfants commencent l’école seulement à l’âge de 5 ans. Les petits Français sont plus dégourdis avec les chiffres et les lettres. Sinon le programme reste le même. Dans ma classe, les enfants sont au nombre de 26. Au Québec, les classes ne dépassent pas les 19 élèves, les cours se terminent à 14h50 et se déroulent cinq jours par semaine. Quant aux vacances scolaires, elles se limitent à deux semaines à Noël, une semaine en avril et deux mois en été. Je vais découvrir les vacances à la française. Déjà, je profite de la coupure du mercredi, c’est une très bonne chose, je trouve. À Clichy, je découvre aussi le multiculturalisme. C’est une expérience enrichissante.

C. a. : Comment ont réagi les parents et vos collègues ?

J.D. : Ils se sont montrés curieux. Dans ma classe, j’ai même un petit Canadien de l’Ontario. Je suis très bien intégrée. La directrice est aussi une enseignante, alors qu’au Québec, le directeur est un administratif. Elle comprend bien nos demandes. J’ai dû adapter mon langage, car les mots québécois et français sont parfois des faux amis. Par exemple, vous dites ouvrir et fermer une porte, moi je dis barrer et débarrer (sourire). Je dis dispendieux pour cher, dîner pour déjeuner. C’est un nouveau vocabulaire. J’apprends beaucoup ici. Venir en France, cela me fait sortir de ma zone de confort et je trouve ça super !

« Un autre regard »

Cet échange ravit la directrice de l’école, Christelle Tournier : « On s’est dit que c’était une super idée. C’est un pays que l’on ne connaît pas forcément. Nous allons travailler pour mettre en place un projet commun à toutes les classes autour du Québec. Cela nous change de notre routine et nous permet d’avoir un autre regard.»