La commissaire de Clichy engagée contre les violences faites aux femmes

La commissaire de Clichy engagée contre les violences faites aux femmes

Sécurité - Publié le 13 novembre 2019
Référente départementale en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, Anne Le Dantec, commissaire à Clichy depuis janvier 2017, est extrêmement impliquée contre ce fléau. La jeune femme de 33 ans explique les dispositifs mis en place pour prendre en charge les victimes et les accueillir le mieux possible. La parole doit se libérer.

Clichy actus : Depuis quand êtes-vous à Clichy ?

Anne Le Dantec : Je suis arrivée à Clichy en janvier 2017.

C. a. : Quels sont les effectifs dont vous disposez à Clichy ?

A. LD. : J’ai à peu près une centaine de fonctionnaires sous ma responsabilité.

C. a. : Existe-t-il des fonctionnaires spécialisés pour traiter les violences faites aux femmes ?

A. LD. : Ce sont les Brigades Locales de Protection de la Famille (BLPF), elles ne sont pas exclusivement dévolues aux violences faites aux femmes. Ce sont des brigades qui sont saisies des procédures concernant les mineurs victimes et les violences conjugales. Il y a, dans chaque commissariat des Hauts-de- Seine, un référent violences conjugales au sein des BLPF, qui est également le point d’entrée pour le parquet et les associations. Au niveau départemental, il y a deux commissaires qui sont référentes, Émilie Moreau, la commissaire de Courbevoie depuis l’année dernière et moi qui assure cette fonction depuis 2015.

C. a. : Comment accueille-t-on une femme victime de violences ?


A. LD. : Il faut lui permettre d’avoir de la confidentialité, et pour cela, il faut que les accueils soient configurés pour. Il faut également que la victime n’ait pas peur de se confier pour qu’elle libère la parole. Le policier doit adopter une attitude compréhensive et adaptée car la victime peut être complètement fermée ou agressive, et ces attitudes ou comportements ne traduisent pas le fait qu’elle n’a pas été victime. Certaines femmes ont peur de représailles et veulent juste signaler les faits pour ne pas que leur conjoint soit embêté par la police. Le parquet du 92 n’autorise pas la main courante pour les violences conjugales. Le dépôt de plainte n’est pas obligatoire, une simple déclaration sur procès-verbal peut être prise, mais tout cas de violence conjugale doit donner lieu à une enquête.

C. a. : De quels outils spécifiques disposez-vous ?


A. LD. : Il existe une commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes. S’y retrouvent les associations, le parquet et la police. Le but a été de concevoir des outils pour mieux appréhender ce phénomène. La fiche Reflexe par exemple est à destination des policiers pour savoir quel comportement adopter lorsqu’une femme victime de violences est reçue, quel réflexe avoir, la procédure à suivre. La fiche comporte au dos la liste des contacts utiles. Cela permet au fonctionnaire d’être aiguillé pour recevoir la plainte et d’accueillir la victime dans les meilleures conditions, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Nous avons également un masque de plainte pour les violences conjugales, c’est-à-dire que les questions sont déjà préparées dans le logiciel pour que le policier qui recueille la plainte n’en oublie
aucune. Les questions sont formulées de manière à donner à la victime envie de parler.

C. a. : Quels sont les chiffres de ce fléau pour la Ville de Clichy et quelle est la tendance ?


A. LD. : Sur les 3 dernières années, les statistiques sont en hausse. 124 faits ont été constatés pour les 7 premiers mois de 2019 contre 103 pour les 7 premiers mois de l’année 2018 et 133 pour l’ensemble de l’année 2018. Deux choses peuvent expliquer cette augmentation : la libération de la parole et la diminution du taux d’acceptation des violences par les victimes. Il est difficile de faire la distinction entre ce qui relève d’une hausse réelle et objective et ce qui a trait à la libération de la parole. On dit parfois que les commissariats ne reçoivent pas les femmes victimes de violences mais les policiers les accueillent et il ne faut pas hésiter à pousser la porte du commissariat 24h/24.

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