Un luthier et archetier installé à Clichy

Un luthier et archetier installé à Clichy

Commerce - Publié le 17 novembre 2020
Johan Collard Luthier
Johan Collard est luthier et travaille à Clichy. Son atelier se trouve dans le complexe Intencity. Fort d’une expérience acquise en France, en Belgique et en Grande-Bretagne, il nous explique les secrets de sa profession, qui n’a que très peu évolué depuis le XVIIe siècle. Partons à la découverte d’un savoir-faire particulier dont le maître incontesté vient de Crémone en Italie et répond au mythique nom de Stradivarius.

Johan Collard LuthierVoir l'image en grand Johan Collard restaure une tableIls ne sont plus qu’une centaine à exercer en France, héritiers d’une tradition qui remonte au début du XVIIe siècle. Et Johan Collard, 33 ans, luthier de son état, a choisi Clichy et le complexe Intencity pour accueillir son atelier.

Arrivé dans la ville en juin dernier, Johan Collard a auparavant exercé 3 ans et demi dans un petit atelier dans la commune de Bois-Colombes, avant de finalement décider qu’il avait besoin d’un espace plus grand et plus adapté.
Luthier depuis 14 ans, Johan a appris son art à Anvers, dans une école de luthier et comme assistant de Bruno Brette, Luthier (Paris Contrebasses), rue de Rome à Paris. Un séjour de deux ans à Chichester (Angleterre), au West Dean College, lui a permis de se familiariser avec la lutherie des instruments baroques.
De retour en France, le jeune artisan répare violons et violoncelles à Versailles avant de partir pour Lille en 2012 pour ouvrir son propre atelier. L’année suivante, il repart pour l’Angleterre pour y parfaire ses connaissances en archeterie pendant 3 ans et demi. Désormais, Johan Collard réhabilite, répare, règle et créée des violons, violoncelles, contrebasses, violes de gambe et archets. Il est titulaire du marché de la maintenance des contrebasses pour les Conservatoires de Paris.

Les archets en crin d'étalon

Archets violon Johan Collard LuthierVoir l'image en grand Les archets sont réalisés avec du crin d'étalon Véritable passionné, Johan prend plaisir à partager son savoir. Il nous raconte quelques anecdotes liée à son art. Ainsi, la réalisation d’un archet s’effectue selon certaines règles bien précises. Les crins utilisés pour la fabrication d’archets proviennent d’une race de cheval qui vient de Mongolie car plus solides. De même, on n’utilise que le crin d’étalon pour les archets, le crin des juments étant souillé par leurs urines. Pour constituer un archet de violon, il faut compter environ 162 crins de cheval. Pour le bois, on utilise le bois de Pernambouc, qui vient du Brésil. Même si les matières premières viennent du bout du monde, l’archeterie est un art français, selon Johan, qui explique que François Xavier Tourte (1747-1836) est considéré comme le plus grand archetier, le « Stradivarius de l’archet ».

Johan Collard Luthier Tête de Viole Tête de viole de gambe sculptéeEn lutherie, les travaux les plus longs concernent les archets, les sculptures de tête (sur les instruments baroques) et le travail sur la table. La table, ou table d’harmonie, est la partie en épicéa (ou en érable) qui vient recouvrir la caisse de l’instrument. Elle comprend les ouïes (ouvertures laissant passer le son). L’art du luthier consiste à travailler la table, à la « creuser» pour lui donner une sonorité parfaite. La table agit comme une membrane pour transmettre le son, c’est la raison pour laquelle le bois doit être souple et pas trop dense.

Une trentaine de luthiers baroques en France

Johan explique que la réfection d’un violon le mobilise environ un mois et demi quand la remise en état d’un instrument plus gros lui prend environ le double de ce temps. Spécialisé dans les instruments baroques, Johan les remet en état ou les conçoit entièrement.
S’ils ne sont plus qu’une trentaine de luthiers pour les instruments baroques, voici un métier qui ne va pas disparaître, puisqu’aucune machine n’est capable de remplacer le travail et la sensibilité de l’homme pour fabriquer un violon.

Johan Collard
6, rue d’Estienne d’Orves (Intencity)
Tél. : 06 30 39 82 92
johanchauco.wixsite.com/luthier

Un peu d'histoire

Antonio Giacomo Stradivari, dit « Stradivarius » est né en 1644 à Crémone, en Italie, et mort en 1737 dans sa ville natale, à l'âge de 93 ans. Son nom évoque la lutherie d’exception. On lui doit environ 600 violons, une cinquantaine de violoncelles, 12 altos et 3 guitares. Près de 700 instruments du maître luthier italien se trouvent encore dans un état de conservation exceptionnel.

En 2015, un violon Stradivarius Macdonald, considéré comme l’un des plus beaux instruments au monde, n’a tout simplement pas trouvé acquéreur lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à Londres. Le prix minimum demandé était de 45 millions de dollars, témoignant de la rareté de ce Stradivarius.

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Visite de l'atelier de Johan Collard, luthier et archetier à Clichy

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