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Elsa Rose de Chedeville, danser pour mieux soigner

Portrait - Publié le 3 juin 2021
Artiste au parcours hybride, elle utilise l’art de la danse comme une forme de soin, en tant qu’intervenante dans des structures thérapeutiques.

Elsa Rose de Chedeville (anciennement Elsa Roumet) a la danse dans le sang. Un bac option danse, une licence de danse, un master de danse, des cours de danse sous toutes ses formes : contemporaine, de salon, néoclassique, seule ou à plusieurs.
Mais sa vie, qui semblait destinée à une carrière de représentation, prend un autre tournant à la sortie de ses études : « La personne qui a corrigé mon master, Héloïse Bertrand, est orthophoniste. C’est elle qui m’a emmenée dans le monde du soin. « Je me suis dit : qu’est-ce qui nous fait vivre, quand on est artiste ? Les cachets et les spectacles,ou le lien avec les gens ? » Pour elle, la réponse était claire : il fallait que son art soigne.
« Passer trois ans à répéter une chorégraphie, suivre des rapports hiérarchiques, ça n’est pas pour moi », précise-t-elle. Alors, pour apprendre à aider les autres, Elsa a multiplié les formations. Psychologie, médecine, philosophie, osthéopathie, massage ayurvédique… « Appréhender un corps ne peut pas se faire que sous un seul angle », estime-t-elle.
Au lieu des méthodes conventionnelles, parfois impersonnelles, Elsa Rose de Chedeville communique donc en dansant avec les corps de ses patients. Désormais, cette Vincennoise de 29 ans travaille avec des personnes âgées, enceintes, en burn-out, en conflit ou neuroatypiques.

Méthodes d’analyses comportementales du mouvement et d’intégration sensorielle sont autant de cordes à sonarc pour interagir tout en délicatesse. Par exemple, avec des enfants autistes, tantôt renfermés ou désinhibés, « je les amène à bouger avec moi et j’amplifie leurs mouvements. Ils tendent un bras, et j’accompagne leur geste ; il n’y a pas un dominant ou un dominé dans cette danse, c’est un échange. » Et ça marche : « L’enfant va utiliser la porte qu’il veut pour s’exprimer. Et si c’est par le mouvement, on peut communiquer ! Voir un enfant bien avec lui-même, quand on arrive à échanger à sa manière, c’est la plus belle chose. »

C’est dans ce cadre qu’elle intervient à Clichy, au Neuro Groupe. Elle-même neuroatypique (hypersensible haut potentiel), elle a troqué la parole pour le mouvement : « La danse peut être un moyen d’expression, de relaxation, de relâchement. En tant qu’intervenante, mon rôle est d’être une éponge à sensations. »

Sa thérapie est une activité au croisement de l’art et du soin. « Je transforme une séance de psychomotricité en danse. Je trouve magnifique cette transition du nécessaire au beau. »

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